En lisant

p1000770.jpg

Le climat politique joue souvent sur l’esprit de la littérature. De nos jours, à quelques belles exceptions près, l’ordre du jour est bien atone, ce qui peut éclairer la monotonie de nos rentrées littéraires : une confession, une dénonciation, une divagation, et ainsi de suite tous les trimestres.

Il faut dire que nos dirigeants ne nous aident guère à trouver un souffle épique pour les travaux de l’esprit. Leurs dernières trouvailles, leurs discours assommants, leurs bouleversements d’opérette ne se hissent pas plus haut, à l’exception de quelques chats noirs, qu’un sordide fait divers ou un bien triste débat de société. D’Histoire, point. Ou consternante : de la simple actualité.

Comment dans ces conditions les écrivains s’embarqueraient-ils dans la composition d’un nouveau Guerre et Paix, d’une transfiguration du Docteur Jivago ou de La Peste, ou même d’une reprise à neuf de Des Souris et des hommes ? Pour notre malheur et l’entretien de notre ennui, on veut nous condamner aux glauques introspections de Virginie Despentes ou aux bluettes post-hospitalières de Marc Lévy.

Alors notre dernier recours est de résister, avec nos cervelles électrisées mais nos cœurs amollis, en trouvant le frémissement d’un vent de grâce dans nos maigres courants d’air. Il nous faut déceler l’Histoire dans des bavardages de halls de gare. Travail de chercheur d’or sur un filon exténué.

Publicités